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Nerith

Nerith est l’apprentie de la troupe.
Fille de marchands, elle a grandi entourée de cartes, de récits exotiques et de trésors venus de terres lointaines. Si elle connaît bien les affaires de sa famille, son cœur, lui, bat pour autre chose : parcourir le monde, explorer des contrées sauvages et apprendre. Qu’il s’agisse d’arts anciens, de langues oubliées, de coutumes de peuples, ou de secrets de la nature, Nerith veut tout apprendre. Maladroite et parfois un peu naïve, elle compense ses faiblesses par un enthousiasme sans faille.
Vous pouvez retrouver Nerith en tant qu'aide de camp sur la plupart de nos ateliers.
D’aussi loin qu’elle se souvenait, Nerith avait toujours eu un livre dans les mains. Bien sûr, elle n’avait pas su lire tout de suite. Nerith n’était pas exactement ce que l’on appelait un génie. Mais cela ne l’avait jamais empêchée d’observer les quelques images des ouvrages avec fascination et de supplier ses parents de lui en lire le contenu. Ces derniers prenaient plaisir à embellir les histoires, à les ponctuer d’anecdotes et à illustrer leurs récits à l’aide des objets glanés au fil du temps.Dans la famille, on était marchands de génération en génération et on achetait presque autant qu’on vendait. Certains villageois disaient même qu’ils étaient autant collectionneurs que marchands. Les parents de Nerith ne pouvaient le nier. Chaque objet avait son histoire, à laquelle s’ajoutait celle de son acquisition, passionnant la petite famille. Autrefois, son oncle partait souvent en voyage, ramenant aussi bien des récits que des objets étonnants. C’est à ce moment-là que Nerith avait commencé à rêver d’un avenir similaire.Tout comme elle, au fur et à mesure des années, son désir de voir le monde elle-même avait grandi. Mais voyager si loin était dangereux, surtout pour une jeune fille. Surtout pour une jeune fille telle que Nerith, en fait. Elle avait beau insister, promettre d’être prudente et de ne pas s’éloigner de potentiels compagnons de route, ses parents refusaient catégoriquement de la laisser partir. Et ses bouderies n’y changeaient rien. D’autant plus depuis que son oncle n’était pas revenu de sa dernière aventure.Au fond, elle comprenait les inquiétudes de ses parents. On lui avait déjà dit qu’elle manquait de méfiance, surtout avec les personnes qu’elle ne connaissait pas. On lui avait répété que le monde extérieur n’était pas tendre avec les gens comme elle. Ça ne lui faisait pas peur, elle était sûre qu’elle saurait s’en sortir. Mais impossible de convaincre son entourage.Elle avait donc fini par accepter son sort et avait compensé en dédiant son temps libre à parfaire ses compétences. Lire, écrire, compter et négocier — même si cette dernière compétence lui donnait encore bien du fil à retordre. Aujourd’hui, ce village, ces objets, ces livres, elle les connaissait par cœur. Et même si elle les aimait, maintenant qu’elle atteignait l’âge adulte, l’ennui s’installait.C’est alors qu’ils étaient arrivés.Un groupe d’hommes et de femmes était entré en ville, attirant l’attention à cause du bruit qu’ils causaient dans le village, d’habitude si calme. D’abord méfiants, les villageois s’étaient rapidement détendus : ils avaient reconnu le groupe et les accueillirent avec chaleur. Curieuse, Nerith s’était tournée vers son père, qui souriait.Devant sa question muette, il répondit :« Il y a quelques années, pendant que tu étais partie livrer un paquet au village voisin, ils sont venus ici. Ce sont des mercenaires. Tu te souviens des attaques de bandits, qui guettaient les arrivées en ville ? C’est eux qui les ont capturés. Je ne sais pas ce qu’ils sont devenus, ces bandits, mais on ne les a plus revus depuis. »Les yeux de Nerith s’illuminèrent. Voyant cela, son père soupira et ajouta d’un ton plus grave :« Nous leur sommes reconnaissants, bien sûr, mais n’oublie pas qu’ils ne font rien gratuitement. Ce qui les motive, c’est l’argent. Si tu n’as rien à leur offrir, ils ne t’aideront pas. Et ils peuvent être dangereux. »Mais l’avertissement glissa sur Nerith comme la pluie sur un carreau. Après tout, n’était-ce pas l’argent qui motivait sa famille ? Elle ne voyait pas où était le problème. C’était une bonne chose, non ? Les observant passer avec attention, elle ne pensait qu’à leurs armes, leur liberté, et les histoires qu’ils devaient avoir à raconter. Après tout, s’ils voyageaient beaucoup et savaient se défendre, n’était-ce pas exactement ce qu’il lui fallait ? Peut-être qu’avec eux, elle pourrait explorer le monde en toute sécurité ? Enfin… si elle parvenait à ne pas se faire jeter dès le premier contact. Ce qui n’était pas gagné.Non. Elle ne pouvait pas laisser la peur l’arrêter. Elle en avait assez d’attendre, de rêver sans agir. Les aventures rimaient avec dangers, c’était inévitable. Si elle voulait écrire sa propre histoire, il fallait qu’elle prenne ce risque.Ce soir-là, elle rédigea une courte lettre pour ses parents, rassembla quelques affaires, prit une épée bâtarde qui traînait depuis quelques années au sein de leur marchandise et, après un dernier regard désolé, s’éclipsa sans un bruit, le cœur battant.Plusieurs heures plus tard, ses parents trouvèrent la lettre et se précipitèrent vers la lisière du village, là où les mercenaires s’étaient enfoncés dans la forêt. Mais sur place, il n’y avait plus personne. Le groupe était déjà loin.Un peu inquiets, ils se réconfortèrent en se disant qu’ils étaient forcément partis sans leur fille, et qu’elle devait bouder quelque part. Elle finirait bien par revenir. Aucun mercenaire censé ne recruterait une gamine naïve, sans expérience et incapable de se débrouiller seule. Mais, lorsque le soleil se coucha, il leur fallut se rendre à l’évidence : ce groupe de mercenaires était bel et bien assez fou pour recruter leur fille.Nerith était partie avec eux depuis des heures. Et elle ne reviendrait pas de sitôt.« Père, Mère,Je pars à l’aventure ! Ne vous en faites pas trop pour moi, je resterai prudente.Et la prochaine fois que nous nous reverrons, j’aurai mille et une histoires à vous raconter.Avec toute mon affection,Nerith. »Nerith, elle, n’arrivait pas à contenir son excitation. Elle partait enfin en voyage. Pour de vrai. Et bientôt, ce ne serait plus les récits des autres qui peupleraient ses livres… mais les siens.Et c’est ainsi que Nerith rejoignit la brigade du M.A.L. Pardon ? Ah vous voulez savoir comment exactement ? Eh bien… Avec un peu de naïveté, pas mal d’enthousiasme, et beaucoup de supplications. Les mercenaires eux-mêmes n’étaient pas trop sûrs de pourquoi ils l’avaient autorisée à les rejoindre. Il y avait peu de chances qu’elle leur soit utile, et ses bavardages incessants les fatiguaient déjà. Et pourtant, lui dire non leur avait semblé impossible. Ils avaient vu quelque chose de familier dans son regard. Une certaine innocence, peut-être. Quelque chose que la plupart d’entre eux avait perdu depuis longtemps.De là, Nerith s’intégra rapidement. Sa soif d’apprentissage la rendit l’apprentie… d’un peu tout le monde, finalement, même si elle semble avoir beaucoup d’intérêt pour les récits et explications d’Aristophane. Également assez espiègle malgré sa simplicité d’esprit, c’est tout naturellement qu’on peut la trouver comploter avec Aeldrenis lorsqu’elles sont laissées sans supervision.Pour une mystérieuse raison, tout le monde semble penser que Nerith est la fille cachée d’Aristophane. Alors oui, il était bien présent dans le village où Nerith est née au moment où elle a été conçue. Oui, il avait bien fricoté avec cette fameuse serveuse dans une auberge où la mère de Nerith travaillait à la même époque. Et oui, peut-être que Nerith a un léger air de ressemblance avec lui. Certes ; mais selon Aristophane, ce n’est qu’une coïncidence, rien de plus. Arrêtez de le regarder comme ça !Nerith, on ne sait trop comment, semble n’avoir aucune idée des rumeurs de filiation entre elle et Aristophane pour le moment.
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